Le zonage ATEX peut sembler technique, surtout lorsqu’il faut distinguer les zones 0, 1, 2 ou 20, 21 et 22.
Pourtant, son objectif est simple : identifier les emplacements où une atmosphère explosive peut se former, puis adapter les équipements de prévention.
Dans cet article, vous allez comprendre comment fonctionnent les zones ATEX, quelles sont les obligations réglementaires et comment sécuriser efficacement un site à risque.
Qu’est-ce qu’une zone ATEX ?
Une zone ATEX est un espace dans lequel une atmosphère explosive est présente ou susceptible de se former. Cela correspond à un mélange d’air et de substances inflammables sous forme de gaz, vapeurs, brouillards ou poussières. Si ce mélange rencontre une source d’inflammation, l’explosion peut se produire.
Le zonage ATEX sert donc à répondre à une question très concrète : où le danger d’explosion peut-il apparaître, et avec quelle fréquence ?
Cette classification permet ensuite de choisir les bons équipements ATEX, d’organiser la prévention et de limiter les sources d’inflammation : étincelles, surfaces chaudes, électricité statique, flammes, travaux par point chaud, appareils électriques non adaptés.
Le zonage ATEX ne consiste pas seulement à poser une étiquette "zone dangereuse". C’est une démarche d’évaluation des risques, intégrée à la prévention des explosions et à la protection des travailleurs.
Pourquoi réaliser un zonage ATEX ?
Le zonage ATEX est indispensable dès qu’une entreprise manipule, stocke ou produit des substances pouvant créer un environnement explosif.
Dans l’industrie, par exemple, le danger ne se répartit pas uniformément. Une zone proche d’une cuve de solvant n’a pas le même niveau de risque professionnel qu’un local ventilé situé à distance. De la même manière, l’intérieur d’un silo contenant des poussières combustibles n’a pas le même classement que son environnement extérieur.
Le zonage permet notamment de :
- localiser les zones à risque ;
- classifier leur niveau de dangerosité ;
- choisir les équipements électriques ou mécaniques adaptés ;
- définir les mesures organisationnelles ;
- mettre à jour le DRPCE ;
- installer une signalétique claire.
👉 Cette démarche limite les accidents graves, mais elle facilite aussi les audits, les contrôles réglementaires et les interventions de maintenance.
Comment sont classées les zones ATEX ?
La classification des zones ATEX repose sur deux critères principaux : la nature de l’atmosphère explosive et sa fréquence d’apparition.
🔥 Zones ATEX gaz, vapeurs et brouillards
Les zones 0, 1 et 2 concernent les gaz, vapeurs ou brouillards inflammables.
Zone | Atmosphère explosive | Niveau de risque | Exemple |
🔴 Zone 0 | Permanente, longue durée ou fréquente | Très élevé | Intérieur d’une cuve contenant un solvant |
🟠 Zone 1 | Occasionnelle en fonctionnement normal | Élevé | Proximité d’un point de remplissage |
🟡 Zone 2 | Rare ou de courte durée | Modéré | Zone périphérique autour d’une installation |
💨 Zones ATEX poussières
Les zones 20, 21 et 22 concernent les poussières combustibles en suspension dans l’air.
Zone | Poussières explosives | Niveau de risque | Exemple |
🔴 Zone 20 | Permanente, longue durée ou fréquente | Très élevé | Intérieur d’un silo ou d’un filtre |
🟠 Zone 21 | Occasionnelle en fonctionnement normal | Élevé | Zone proche d’un point de déversement |
🟡 Zone 22 | Rare ou de courte durée | Modéré | Local voisin exposé à des dépôts accidentels |
Schéma simplifié du zonage ATEX
Voici une représentation simple pour comprendre la logique de classification :

Quelles obligations réglementaires autour du zonage ATEX ?
Le zonage ATEX s’inscrit dans un cadre réglementaire européen et français. Deux directives sont particulièrement importantes.
La directive 1999/92/CE, souvent appelée ATEX "utilisateurs", concerne les obligations des employeurs pour la protection des travailleurs exposés aux atmosphères explosives. Elle impose notamment l’évaluation du risque, la classification et la mise en place de mesures de prévention adaptées.
La directive 2014/34/UE, dite ATEX "produits", concerne les équipements et systèmes de protection destinés à être utilisés en zones explosives. Elle encadre la conception, la conformité et la mise sur le marché des matériels ATEX.
En France, l’évaluation du risque d’explosion doit être formalisée dans le DRPCE intégré au Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP).
Un zonage ATEX non mis à jour peut devenir dangereux. Une modification de procédé, un changement de produit, une nouvelle ventilation ou une réorganisation d’atelier peuvent modifier le classement des zones.
Qui peut réaliser un zonage ATEX ?
Le zonage ATEX doit être réalisé par une personne compétente, capable d’analyser les procédés, les produits, les conditions d’exploitation et les sources d’inflammation possibles.
Selon les entreprises, cette mission peut être portée par :
- un responsable QHSE expérimenté ;
- un bureau d’études spécialisé ;
- un consultant ATEX ;
- un organisme de contrôle ;
- une équipe interne formée, avec appui externe si nécessaire.
Comment se déroule une démarche de zonage ATEX ?
Une démarche sérieuse suit généralement plusieurs étapes. Elle commence par l’inventaire des substances inflammables ou combustibles : solvants, gaz, vapeurs, poussières organiques, poudres métalliques, farines, sucres, bois, résines, peintures, carburants.
Vient ensuite l’analyse des procédés. On observe les opérations normales, les phases de démarrage, d’arrêt, de nettoyage, de maintenance et les situations dégradées raisonnablement prévisibles.
Ensuite, les zones sont classées selon la fréquence et la durée de présence de l’atmosphère explosive. Ce classement doit être cartographié, documenté et relié aux mesures de prévention.
📝 Exemple de démarche
Étape | Objectif | Livrable attendu |
Inventaire des produits | Identifier gaz, vapeurs, poussières | Liste des substances |
Analyse des procédés | Comprendre où l’ATEX peut se former | Description des situations |
Classification | Définir zones 0/1/2 ou 20/21/22 | Plan de zonage |
Mesures de prévention | Réduire le risque d’explosion | Plan d’actions |
Documentation | Formaliser la conformité | DRPCE mis à jour |
Quels équipements utiliser en zones ATEX ?
Une fois le zonage défini, il faut sélectionner des équipements compatibles avec l’indicateur de risque. Cela concerne les appareils électriques, mais aussi certains équipements mécaniques, capteurs, téléphone ATEX, radios, dispositifs PTI, outils de maintenance ou systèmes de ventilation.
Le marquage réglementaire ATEX permet d’identifier si un équipement est adapté à une zone donnée. Il peut inclure par exemple inclure le marquage CE ou le symbole Ex.

👉 Le choix doit toujours être validé selon le contexte exact, la nature de l’environnement et les exigences applicables.
Signalétique et mesures de prévention
Le zonage ATEX doit être visible et compris. La signalétique permet d’informer les salariés, visiteurs et intervenants extérieurs qu’ils entrent dans une zone à risque.
Mais la signalisation ne suffit pas. Elle doit être accompagnée de mesures concrètes :
- ventilation adaptée ;
- contrôle des sources d’inflammation ;
- mise à la terre contre l’électricité statique ;
- procédures de permis feu ;
- nettoyage régulier des dépôts de poussières ;
- formation des équipes ;
- maintenance des équipements ATEX.
👉 L’objectif n’est pas seulement de respecter une obligation de sécurité. Il s’agit de maintenir dans le temps un environnement de travail maîtrisé.
FAQ sur l’environnement ATEX
La zone 0 correspond à une atmosphère explosive présente en permanence, longtemps ou fréquemment. La zone 1 correspond à une présence occasionnelle en fonctionnement normal.
La zone 2 concerne les gaz, vapeurs ou brouillards. La zone 22 concerne les poussières combustibles. Dans les deux cas, la présence de l’atmosphère explosive est rare ou de courte durée.
Oui, dès lors qu’un risque explosif existe. L’employeur doit évaluer ce risque, classer les zones concernées et formaliser les mesures dans le DRPCE.
Oui. Le zonage doit être revu lors d’un changement de procédé, de produit, de type de protection, de ventilation ou d’organisation. Il doit rester cohérent avec la réalité du terrain.
En résumé
Le zonage ATEX est une démarche centrale de prévention des explosions. Il permet d’identifier les zones à risque, de classifier leur dangerosité et de choisir les équipements adaptés.
Pour être efficace, il doit reposer sur une analyse précise des produits, des procédés et des conditions d’exploitation. Il doit aussi être formalisé dans le DRPCE, intégré au DUERP, puis maintenu à jour.
Un bon zonage ATEX ne protège pas seulement contre un risque réglementaire. Il protège les personnes, les installations et la continuité de l’activité.
Tout savoir sur le zonage des appareils ATEX